Message
au Président Français !
Monsieur
le Président,
Qu’il
me soit permis, Monsieur le Président, de me présenter.
Je
suis Aimé KAZIKA, jeune congolais de la République Démocratique du Congo
désirant voir les choses s’améliorer dans mon pays et dans l’ensemble de
l’Afrique. Stimulé par les changements qui s’annoncent, je tiens à vous écrire
ces quelques mots qui expriment mes attentes, ainsi que mon profond désir d’un
changement durable pour l’avenir de l’Afrique.
Monsieur
le Président,
Primo :
la situation qui prévaut au Pays des Hommes intègres, le Burkina Faso !
Secundo :
le Burkina Faso reste pour moi un pays que je n’oublierai jamais, c’est de là qu’est
parti ma formation en développement.
Tertio :
le peuple Burkinabé partage les mêmes aspirations que le peuple Congolais. !
Monsieur
le Président,
En lisant avec attention le discours du Président Blaise COMPAORE, dont en voici l’extrait:
« … Les manifestations violentes qui ont
endeuillé et plongé notre peuple dans la stupeur n’honorent pas le pays des
Hommes intègres, mais j’ai entendu le message, je l’ai compris et pris la juste
mesure des fortes aspirations de changement. », je me permets de croire qu’il a
« réellement compris l’expression du peuple ».
En effet, 27 ans au pouvoir constituent l’âge de beaucoup de jeunes en
Afrique ! Il y a 27 ans, le Président COMPAORE déclarait: « Je n’ai jamais rêvé du pouvoir, et je ne m’y accrocherai pas » ; Hélas, il n’a pas tenu à
sa parole et n’aimerait pas non plus la
tenir, car il compte modifier la constitution.
Monsieur le Président,
Ce slogan est bien connu en Afrique mais dès qu’un
président accède au pouvoir, il s’y accroche. Le Sénégal du Président Wade, le
Congo du Président Sassou, l’Algérie du Président A. Bouteflika, le Rwanda du
Président Kagame, le Zimbabwé du Président Mugabé, etc… les exemples sont légions.
Faudra-t-il attendre que le peuple se révolte pour
finir enfin à faire un discours pour le calmer ?
Monsieur le Président,
Comme l’a dit quelqu’un, il ne faut pas attendre que
les sourds-muets et les aveugles parlent, pour que vous agissiez !
Monsieur le Président,
Je vous écris cette lettre, pour
le rôle dont joue la France, pays qualifié de la Liberté, de la Fraternité et
de l’Egalité.
Le peuple Burkinabé, au nom de la Liberté, s’est exprimé et s’est prononcé,
Au nom de la Solidarité africaine que je vous écris
cette lettre,
Monsieur le Président,
Malgré le rôle géostratégique qu’a joué le Président
Blaise dans l’histoire du continent africain, nous osons croire, que la France
doit revoir sa politique pour accompagner le désir profond et ouvert du peuple
Burkinabé !
Monsieur le Président,
L’exemple du Burkina Faso résonne jusqu’au
Congo-Kinshasa qui vit la même situation et comme aussi dans de nombreux pays
africains ;
Puisse le peuple Burkinabé trouve gain de cause pour
servir de modèle en Afrique et au Congo-Kinshasa ;
Monsieur le Président,
Nous n’aimerions pas la politique de soutien des
présidents à vie. On est président d’un peuple, et nos pays se transforment à
petit feu aux royaumes et deviennent des pépinières d’une nouvelle forme de
dictature (ou colonialisme);
Monsieur le Président,
Nous osons croire que le temps change où on ne peut
aller à l’encontre de la volonté de la majorité de sa population. Une chose
reste vraie, c’est que les présidents africains attendent ce moment pour
quitter le pouvoir, pourtant, ils peuvent le quitter avec beaucoup d’honneur
pour avoir servi le pays !
Monsieur le Président ;
En tant que jeune congolais aspirant au changement
comme le peuple Burkinabé, ayant vécu au
Burkina Faso, connaissant bien ce peuple dont j’ai hérité de cet adage du peuple Mossi qui
dit : « Quand la case du voisin brûle, il faut mouiller ta barbe » !
La RDC, mon pays, mouille déjà sa barbe pour éviter que le même scénario se
reproduise !
Monsieur le Président,
Nous aimerions que vous accompagniez le peuple
Burkinabé et non un individu qui n’a pas tenu sa parole prononcée il y a 27
ans !
Voilà, c’est en ces quelques mots que je tenais à vous écrire au nom du
lien que nous unit à la France,
Aimé KAZIKA KAMOSI
République
Démocratique du Congo
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