Qu'elle peut être sale la politique. L'heure n'est plus à se lécher les mains. Joseph KABILA transpire la trahison que le Katanga lui aurait servie en plusieurs repas, si ce n'est pas une réponse mal digérée. Mais qui a réellement trahi qui ? Nul diplôme n'est nécessaire pour comprendre combien le président regrette d'avoir confié certaines responsabilités à certaines personnes au Katanga, mais ce n'est pas trop tôt. Une véritable mise en garde, c'est ce qu'on pouvait retenir de ses propos devant les notables Katangais, lundi 5 janvier. « Désormais, l'autorité de l'Etat se fera sentir dans cette province [du Katanga] », a-t-il insisté. Ça alors, elle était où tout ce temps, cette autorité ?
Joseph KABILA, Président RDC =Image d'illustration=Au moment où les congolais analysaient encore le discours du retour de Moïse KATUMBI, monsieur le président est venu tourner la page et rappeler que le chef c'est lui. Serein, autoritaire et plus que sérieux, Joseph KABILA a rassemblé les gros morceaux de la politique et de la société civile de la province du Katanga, même ceux de la "diaspora". Moïse KATUMBI, le gouverneur, et Antoine-Gabriel KYUNGU, le président du parlement provincial, étaient tous deux absents. Méfiance ou défiance ? En tout cas, KABILA a du pain sur la planche dans cette province où en un clic on passe du noir au blanc, et vice versa. Doit-on craindre le pire ?
Sous cette grande tente où ils étaient réunis, on a vu deux camps. Des frustrés, on dirait forcés de partager l'espace avec ceux qui semblaient acquis à la cause de Joseph KABILA, sinon des indécis. Un Moïse KATUMBI absent, mais son gouvernement présent autant que les parlementaires provinciaux dont le président était invisible. Le président de la république doit avoir compris que de plus en plus il devenait homme seul, perdant progressivement ceux qui l'ont toujours chantés après avoir longtemps disputé sa nationalité. Désaveu ou désamour ? En tout cas c'est mal parti entre Kinshasa et Lubumbashi.
Bien dans sa peau, KABILA a rappelé : « Je viens souvent au Katanga pour me reposer, non pas pour la politique », comme si sur son territoire un président peut s’échapper de la politique de son pays. Même pas à la plage ! Sans nommer personne, il a insisté : « Ils doivent savoir que c'est nous qui leur avons donné le pouvoir qu'ils ont. C'est à nous donc qu'ils doivent les comptes, pas l'inverse ». Le ton était dur, et c'est alors qu'on a compris sa déception. Et bien sûr, le message s'adressait aux deux abonnés absents.
De l'autre coté, monsieur le président m'a mis à froid. Il a semblé se sortir du lot de ceux qui ont mené la RD. Congo à l'étape actuelle. Parlant économie et développement, il a soulevé le criant contraste entre le nombre de camions de minerais qui sortent chaque jour du Katanga et le taux de chômage dans la province et au pays. Beau mais pas impressionnant comme discours. Monsieur le président a simplement voulu renvoyé la faute à ses collaborateurs Katangais dont la confiance se réduit au jour le jour. Le bateau se met à couler, l'équipage se déchire. Mauvais comme jeu !
Le dernier aspect qui m'a frappé, c'est cette volte-face. « Le Katanga ne doit pas se considérer comme la province la plus riche de la RDC, chaque province est différemment riche ». Le Katanga n'est pas en dehors de la RDC, a-t-il rappelé. Enfin, on reconnait l'égalité, si ce n'est pas pour se rattraper.
Le discours sur le découpage de l'éléphant en 26 morceaux ne m'a pas impressionné. L'eau a suffisamment coulé sous le pont. Réaffirmer son autorité, Joseph KABILA a réussi a le faire. En même temps, les signes de division ont été clarifiés. Tout s'est passé dans un climat à la fois décontracté et surchauffé. Attendons, les retombées !  ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com