jeudi 26 mars 2015

Le Tohu-bohu dans les Q.G des partis politiques en RDC !


Photo: passage de la CEI à la CENI
Photo: passage de la CEI à la CENI
Depuis l’annonce par la Commission Nationale Électorale Indépendante (CENI) du calendrier global sur le reste du processus électoral entamé en Novembre 2011, les Q.G de la plupart des partis politiques se mobilisent malgré le scepticisme né du coût global pour l’organisation de l’ensemble du processus électoral qui s’échelonne sur trois ans. Selon la CENI, 375 partis sur les 477, [1]les partis politiques enregistrés au Ministère de l‘Intérieur et, partant, autorisés à fonctionnement, conformément aux lois de la République, ont signé le code de bonne conduite !
Un Tohu-bohu se voit et se lit dans l’ensemble des Q.G des partis politiques basés à Kinshasa. Si dans la Majorité Présidentielle, la réunion autour de l’Autorité Morale est pour calmer les esprits suite à la lettre dont 7 partis ont adressé à l’Autorité Morale, à l’opposition, la confusion se crée autour du leadership entre Martin Fayulu et Vital Kamerhé. Le climat électoral est en tension depuis quelques mois.
Pour ainsi dire que les élections prochaines s’annoncent déjà et chacun veut tirer sa part. On se rappelle toujours de ce genre de comportement qui caractérise le politique congolais, manque de confiance et de consensus, l’absence de dialogue, l’impréparation, etc.
Ceci a comme conséquences, les candidats y vont sans un débat d’idées ni des projets de société ayant des aspirations de la population comme leur leitmotiv. Le Tohu-bohu règne dans le chef des partis politiques ainsi qu’au niveau des membres. La situation touche l’ensemble de la classe politique et gangrène le pays.
Pour la Majorité au pouvoir, la priorité est de conserver le pouvoir par tout moyen possible, et pour l’opposition de réfléchir sur les stratégies de conquête du pouvoir et la société civile de faire pression, la population est dans un dilemme de choix entretenu et voulu par les leaders des partis politiques assoiffés du pouvoir sans des plans de société pour sortir le peuple congolais de la misère dont il souffre depuis bien des années.
Tel est le tableau qui se dessine à travers ce tohu-bohu qu’on observe dans les partis politiques à Kinshasa à l’approche des élections présidentielle, nationale, sénatoriale et locale.


Comment l’Éthiopie est parvenue à approvisionner en eau 48 millions de personnes

Le programme d’eau potable Ebo a pour bénéficiaires les 27 000 habitants de sept villages dont 15 000 écoliers qui disposent d’eau propre dans leurs écoles et chez eux. Les jeunes filles peuvent désormais fréquenter l’école plus régulièrement en passant moins de temps à aller chercher de l’eau.
Nous célébrons aujourd’hui en Éthiopie quelque chose d’unique : la réalisation de la cible 7c des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Qu’est-ce que cela signifie ? Présenté simplement, cela veut dire que 57 % de la population du pays boit à présent de l’eau provenant d’une source d’eau améliorée comme un robinet ou une pompe manuelle plutôt que d’un cours d’eau. Grâce à cet approvisionnement provenant de sources améliorées d’eau, l’Éthiopie a fait considérablement progresser la santé de nombreux enfants et femmes, et est parvenue à diminuer des deux tiers la mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans et à réduire de façon importante le retard de croissance chez les enfants.
Et en quoi s’agit-il d’une importante réussite ?  Durant l’année de référence des OMD (1990), seulement 6,9 millions d’Éthiopiens utilisaient une source améliorée d’eau. Cependant, au cours des dernières vingt-cinq années, l’Éthiopie est parvenue à approvisionner en eau 55 millions de personnes, ce qui représente deux fois, même trois fois la population de la plupart des autres pays africains.
La clé de la réussite de l’Éthiopie durant ces années est la combinaison de plusieurs éléments : un important rôle de chef de file joué par le Gouvernement, un investissement soutenu de la part des bailleurs de fonds et la mise en place d’outils pour le renforcement périodique des politiques. En 2000, l’Éthiopie a mis sur pied une Stratégie pour le secteur de l’eau et un Programme de développement du secteur de l’eau, deux éléments clés des progrès accomplis. Le Gouvernement a consacré des fonds à la distribution d’eau et a encouragé les bailleurs de fonds à investir dans les technologies à moindre coût pour stimuler les niveaux de couverture. Depuis 1990, un total de 2 milliards de dollars E.-U. ont été investis par le Gouvernement, les partenaires de développement, les ONG et le secteur privé dans la distribution d’eau.

À Amari Yewebesh Kebele, dans la région Amhara, en Éthiopie, des habitants s’approvisionnent à un point d’eau.
Au cours des vingt-cinq dernières années, l’UNICEF a effectué une « validation de concept » pour un certain nombre d’innovations majeures qui ont permis au Gouvernement éthiopien et à ses partenaires de développement de réaliser l’Objectif 7 c du millénaire pour le développement. Parmi celles-ci figurent l’introduction de pompes manuelles fabriquées en Inde ; l’importation à partir du Royaume-Uni d’engins pour le forage de puits en profondeur ; et plus récemment, l’étude de technologies de pointe dans le domaine de la télédétection afin de repérer les nappes d’eau se trouvant à des profondeurs extrêmes dans les districts où les ressources en eau sont précaires, ceci étant suivi de la construction de réseaux d’adduction d’eau reliant les villes et les villages. Les bénéficiaires de ces efforts sont les femmes, les enfants, les ménages, les institutions, les petites exploitations agricoles et le bétail.

De telles innovations ont permis d’atténuer l’impact potentiel de l’insécurité alimentaire et de celle liée à l’eau et de réduire les facteurs de sous-nutrition et de retard de croissance. Un bon exemple en est le programme multi-villages Ebo, créé et mis en service avec l’appui l’UNICEF dans la région du Tigray entre 2013 et 2015. Le programme multi-villages Ebo apporte une solution à long terme dans les parties du pays où l’approvisionnement en eau est difficile, les régions qui sont sujettes aux inondations et ont dû dépendre de camions citernes comme seul moyen d’approvisionnement en eau.
Le programme d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH) d’UNICEF Éthiopie est le plus important programme de l’UNICEF dans le monde en matière d’EAH. L’UNICEF a assuré la direction technique non seulement de la construction de réseaux de distribution d’eau pour 10 millions d’Éthiopiens dans les villages, les villes et les cités mais a également conseillé le gouvernement sur l’ensemble des décisions majeures concernant les politiques d’EAH pendant les vingt-cinq dernières années. Depuis 1990, l’année de référence des OMD, l’UNICEF à participé à hauteur de plus de 300 millions de dollars É.-U. provenant de ses ressources de base et de partenariats avec divers bailleurs de fonds majeurs pour faire en sorte  que les femmes et les enfants éthiopiens reçoivent l’aide qui leur est indispensable en matière d’eau et d’assainissement à la fois dans les situations d’urgence et les situations normales.

L’Éthiopie a en outre mis sur pied un programme ONEWASH pour veiller à ce que le reste de la population du pays puisse avoir accès à la distribution d’eau d’ici 2020. Le programme dispose d’un budget de 2,4 milliards de dollars US et comprend une participation commune provenant des investissements du secteur public, du secteur privé, des ONG et des bailleurs de fonds. Il comprendra le renforcement de programmes innovants comme Ebo pour garantir l’existence de systèmes d’adduction d’eau durables dans les parties éloignées du pays disposant de peu d’eau.  L’UNICEF s’attachera à faire en sorte que les populations les plus mal desservies et les zones à urbanisation rapide et non planifiée disposant de peu d’eau soient prioritaires lors des investissements pour la distribution d’eau afin qu’aucun enfant ne soit laissé pour compte et sans accès à l’eau potable.

Samuel Godfrey est responsable de l’EAH pour UNICEF Éthiopie

mardi 24 mars 2015

Candidatez au programme Jeunes Leaders ! Un programme de formation et de projets collaboratifs sur 16 mois pour inventer les bibliothèques de demain en Afrique.

Conçu et mis en oeuvre par Bibliothèques Sans Frontières, le programme jeune leaders propose 5 ateliers de réflexion et de formation d'une semaine répartis sur la durée du programme (120h de formation répartis entre Juin 2015 et Octobre 2016).
Ces workshops incluront de courtes séquences de formation mais seront surtout dédiés à la conduite d'activités collaboratives.
Entre les workshops, les jeunes leaders seront amenés à conduire des projets collaboratifs et seront accompagnés à distance. Les projets seront définis lors des workshops et concerneront des thématiques diverses comme la construction d'outils de plaidoyer, la conception de services et équipements innovants, la participation à des événements et rencontres à l'échelle nationale et régionale, etc.
Pendant toute la durée du programme, les jeunes leaders seront accompagnés par des mentors et des experts nationaux et internationaux.

Rejoignez le programme

  • Vous avez moins de 36 ans ?
  • Vous vivez et travaillez au Sénégal, au Cameroun ou en Côte-d'Ivoire ?
  • Vous travaillez dans le secteur des bibliothèques, de la culture, de l'accès à l'information, de l'éducation ou/et des technologies de l'information et de la communication ?
  • Vous êtes curieux(se), entreprenant(e) et motivé(e) ?

Faites partie des 10 jeunes sélectionnés dans chaque pays du programme (Cameroun, Sénégal, Côte-d'Ivoire).

Candidatez avant le 15 Avril 2015

Attention : le dossier de candidature ainsi que les documents requis doivent être envoyés par courrier électronique au plus tard le 15 avril 2015 minuit (UTC/GMT) à l'adresse : candidature@bsfcampus.org.
Vous avez des questions? Lisez d'abord les termes de référence. S'il vous reste des interrogations ou si vous souhaitez d'avantage de précisions, nous répondrons à vos questions jusqu'au mercredi 8 avril 2015. Ecrivez-nous à bsfcampus@bibliosansfrontieres.org.

vendredi 13 mars 2015

La stratégie de Caméléon comme esprit entrepreneurial !


Dans la nature, le Caméléon est l’un des reptiles qui cache toujours le mystère ! Cet animal à la démarche lente, considérée moins rapide, n’a pas seulement du coté négatif mais sa capacité à s’adapter à la coloration de son environnement, est un puissant enseignement qu’il faut bien comprendre et saisir dans beaucoup plus des domaines.
Les dernières études les plus récentes, publiées par l’Université de Genève[1] ,  révèle sur le roi du camouflage, ce dernier dispose d’un mécanisme qui lui permet de passer d’une couleur à l’autre. Le secret du reptile se trouve dans les nano-cristaux contenus dans la peau de l’animal. Mais au delà de cela, le Caméléon peut bien enseigner les jeunes entrepreneurs, les spécialistes en management et les gestionnaires dans bien des choses.
Un manager est censé utiliser la stratégie de Caméléon, qui fait merveille, dans ce sens, selon un analyste : « c’est une stratégie bien discrète  qui  s'adapte aux spécificités locales ». Voilà la clé du succès de certaines grandes entreprises, et celles qui ne l’ont jamais compris, peinent à maintenir sa clientèle ou perd le souffle.
Dans ce monde à la vitesse de lumières, à l’innovation inouïe et exigence qualité-cout, il faut  des hommes doués d’esprit de la stratégie de Caméléon pour servir d'esprit pionnier au service des besoins populaires et du changement ! Voilà le vrai défi de nos jours.

Concours d'essais 2015 à l'intention des étudiants et Forum Global de la Jeunesse

PLUSIEURS LANGUES, UN MÊME MONDE

Concours d'essais 2015 à l'intention des étudiants et
Forum Global de la Jeunesse
Partagez vos idées et faites-vous entendre... peut-être même dans la salle de l'Assemblée Générale des Nations Unies !
Soixante-dix étudiants seront choisis comme délégués au Forum Global de la jeunesse 2015 de l’Initiative « Impact universitaire » des Nations Unies (UNAI), où ils élaboreront des plans d'action pour le programme mondial de développement pour l’après-2015 des Nations Unies. Les étudiants présenteront ces plans d'action au Siège des Nations Unies, à New York.
Les frais de transport aérien, d'hébergement et de repas seront assumés par ELS Educational Services, Inc.
Pour participer : rédigez un texte (2 000 mots ou moins) portant sur le programme mondial de développement pour l’après-2015, dans le contexte du 70e anniversaire des Nations Unies, et la définition de nouveaux objectifs reflétant l'enjeu capital d'un développement durable mondial, reconnaissant la diversité culturelle et linguistique et les bénéfices qu'elle apporte à de tels objectifs. Vous êtes invité à consulter le site Web http://sustainabledevelopment.un.org, où vous trouverez des documents de référence sur ces thèmes.
Les textes soumis doivent être rédigés dans une langue officielle des Nations Unies qui n'est pas votre langue maternelle et qui n'était pas la langue principale d'enseignement pendant vos études primaires et secondaires. Pour participer, vous devez être étudiant à plein temps inscrit dans un programme universitaire et être âgé d'au moins 18 ans au 25 mars 2015. Votre participation doit être parrainée par un membre du corps enseignant ou un représentant autorisé de l'université que vous fréquentez actuellement.
Essay Date limite pour soumettre votre essai :
le mercredi 25 mars 2015 à 23 h 59 (heure standard de l'Est)

Des scientifiques percent les mystères du caméléon

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Le caméléon de Madagascar.Photo by Nick Garbutt/Barcroft Media / Getty Images
Une équipe de chercheurs suisses est parvenue à expliquer le mécanisme qui permet au caméléon de passer d’une couleur à l’autre. Le secret du reptile se trouve dans les nano-cristaux contenus dans la peau de l’animal.
Difficile de le distinguer d’une branche d’arbre. Le caméléon, roi du camouflage, se fond dans la nature avec une étonnante facilité. Il peut, tout aussi rapidement, se parer de couleurs flamboyantes. C’est sur ce phénomène qu’ont travaillé des chercheurs suisses de la faculté des sciences de l’Université de Genèvequi publient leur étude dans la revue Nature Communications. Les scientifiques, issus des sections de Biologie et de Physique, ont étudié un caméléon panthère mâle originaire de Madagascar.
Un millefeuille de nano-cristaux
La peau du caméléon est composée de pigments rouges, jaunes et marron. Les teintes bleues et vertes proviennent, elles, de minuscules cristaux situés dans une couche superficielle de cellules dermiques appelées iridophores. Ces nano-cristaux, disposés en plusieurs couches, réagissent aux longueurs d’onde de la lumière en réfléchissant des teintes bleutées. Si cette structure de la peau est commune chez plusieurs reptiles, le caméléon est le seul à pouvoir changer la disposition de ces petits cristaux, et donc de couleurs, en fonction de ses humeurs.
Lorsque l’animal est calme, le maillage de ses nano-cristaux est dense et réfléchit les longueurs d’onde bleues. Lorsqu’il s’excite, à la vue d’une femelle convoitée ou d’un autre mâle rival, ce maillage se relâche, le caméléon se pare alors de couleurs éclatantes allant du rouge au jaune. La métamorphose spectaculaire est très rapide, le reptile n’a besoin que d’une ou deux minutes pour opérer cette transition.
Une peau qui protège des effets du soleil
 
 
Les scientifiques ne se sont pas arrêtés là. Ils ont également découvert l’existence d’une seconde couche d’iridophores. Ces cristaux, plus gros et moins organisés que les premiers, réfléchissent la lumière infrarouge, offrant au caméléon une protection imparable aux effets des rayons du soleil.
« Le caméléon a inventé quelque chose de complètement nouveau en terme d’évolution », s’enthousiasme Michel Milinkovitch, professeur du département de génétique de l’Université de Genève. Cette superposition de cristaux de différentes tailles procure à l’animal une protection thermique, et lui permet de passer d’un camouflage à un arc-en-ciel de couleurs en un temps record.

Source: http://www.rfi.fr/science/20150311-cameleon-madagascar-chercheurs-suisse-nano-cristaux-changement-couleurs/

jeudi 12 mars 2015

La création d’emplois en Afrique viendra de plus en plus du secteur privé



La majorité des jeunes africains veulent avant tout avoir un emploi. Avec 10 à 12 millions de jeunes débarquant sur le marché du travail chaque année, c’est un vrai challenge ! Beaucoup d’entre eux évoluent dans le secteur informel, mais grâce aux efforts des politiques publiques, de la société civile et du secteur privé (via le social business), certains réussissent à monter leur propre affaire. Entretien avec Elsie Kanza, directrice de la zone Afrique du World Economic Forum.

Comment favoriser l’entreprenariat chez les jeunes africains ?

Nous observons deux types d’entrepreneurs : ceux qui entreprennent parce qu’ils ont envie d’innover et voient une vraie opportunité dans l’entreprenariat, et les petits entrepreneurs qui le font par défaut – parce qu’ils sont en chômage longue durée, par exemple.
Cela implique deux types d’interventions : pour les premiers, qui cherchent à se développer et sont ambitieux, prêts à prendre des risques, leur problème c’est l’absence de capitaux disponibles. Il faut donc les accompagner dans leur recherche de fonds pour qu’ils puissent transformer une start-up en une entreprise multimillionnaire : les petites entreprises ont besoin d’un vrai système de financement de leur croissance.
Pour les deuxièmes, même s’ils sont moins enclins à grossir, ils doivent malgré tout dégager des profits suffisants pour pérenniser leur activité. Nombre d’entre eux sont contraints de se développer dans le secteur informel. L’objectif est donc d’installer un environnement favorable aux affaires dans le secteur formel, afin d’éviter leur marginalisation et leur permettre de bénéficier des avantages à être reconnus donc pris en compte par leur gouvernement.
Dans tous les cas, il est important d’améliorer le « tutorat », la formation et l’accompagnement de ces jeunes pour les aider à transformer une idée en un business durable et à saisir des opportunités de marché, localement comme régionalement. Tous les acteurs devraient se mobiliser – public et privé.

Quels sont les freins à l’investissement et à l’entrepreneuriat féminins en Afrique ?
Un obstacle que j’ai observé n’est pas le manque d’idées des femmes africaines mais les contraintes qui s’imposent à elles – certaines sont sociétales, familiales, culturelles…
En règle générale, les entreprises gérées par des femmes sont de taille plus modeste (moins de 5 employés). Comment les aider à développer tout leur potentiel ? À se développer à l’échelle régionale ? À être en capacité de manager une équipe de 100 voire 1000 personnes ? Les politiques publiques de « gender equity » doivent permettre un accès équitable aux financements et aux ressources, et de lever les freins à l’entreprenariat féminin. Des innovations ont vu le jour pour aider spécifiquement les femmes à accéder à des opportunités : des banques ont ainsi développé des services dédiés à l’entreprenariat féminin – parfois, des banques entièrement faites pour les femmes ont même été créées ! Dans les deux cas, ces banques proposent des produits et services taillés sur mesure pour les femmes. Par exemple, en Tanzanie, jusqu’à peu (et c’est parfois toujours le cas) les banques exigeaient un bien immobilier comme caution pour accorder un prêt, ce qui freinait l’accès au financement pour les femmes puisque les femmes n’avaient pas le droit de posséder un bien immobilier. Face à ce constat, des banques ont mis en place des systèmes permettant d’obtenir un financement avec d’autres formes de caution que l’immobilier.

Roger Nord, directeur adjoint du département Afrique du FMI, mentionne que « le grand défi de l’Afrique est une croissance créatrice d’emplois et pro-poor ». Comment relever ce défi ? Quelles sont vos recommandations ?
Etant donné que l’Afrique est le continent le plus jeune du monde et qu’on estime que d’ici 2050, on aura un milliard de jeunes supplémentaires sur le marché du travail, le besoin de trouver des modèles de croissance qui peuvent créer de l’emploi pour cette jeunesse est évident – et ce, dans tous les secteurs de l’activité.
Le modèle africain est surtout agricole : le challenge est donc de faire de cette agriculture un mode de vie attractif (permettant d’obtenir une vie confortable et d’atteindre ses objectifs personnels). Cela n’arrivera que si les dirigeants de la société dans le domaine des entreprises, de la politique, des milieux universitaires et autres parviennent à dégager des fonds structurels pour permettre à nos agriculteurs de passer de productions de base à des biens entièrement transformés, et de s’étendre sur les marchés extérieurs.
Dans le domaine des services, certaines industries tertiaires comme la finance, les télécommunications, la vente et le tourisme, émergent comme des secteurs qui pourraient créer les emplois de demain. Le défi est ici d’améliorer l’efficacité, la productivité et la compétitivité de ces secteurs afin qu’ils génèrent ces emplois dont nous avons besoin.
Enfin, bien que l’Afrique semble ne pas avoir bénéficié du processus d’industrialisation, le secteur industriel conserve un grand potentiel de croissance génératrice d’emploi, à la condition que l’Afrique développe l’industrie à forte intensité de main d’œuvre peu qualifiée : ce qui est une question intensément débattue car la nature de l’industrie évolue assez peu dans ce sens, de par le monde… mais je reste convaincue que c’est ainsi que le secteur secondaire peut générer de nombreux emplois pour la jeunesse.
Globalement, selon moi, ces perspectives d’emplois viendront de plus en plus du secteur privé ; le rôle de l’Etat étant quant à lui d’améliorer l’environnement des affaires pour permettre au privé de générer cette croissance créatrice d’emplois. Plusieurs Etats ont récemment mis en place des réformes visant cet objectif, mais les investisseurs privés persistent à considérer l’Afrique comme un challenge en soi pour faire des affaires. C’est un véritable défi pour nos représentants politiques que de lever les obstacles à un investissement privé florissant et créateur d’emplois.
Publié le 13 février 2015
Elsie Kanza
directrice de la zone Afrique du World Economic Forum